une évasion vers la liberté
- Martin Döhring

- 1. Aug.
- 3 Min. Lesezeit

Mon conte de fées estival privé : La maison en Provence
Pour mon épouse, avec qui j'ai fait ce chemin.
Il y avait beaucoup trop de tumulte à la maison : le travail, le stress et encore le travail, ceci devait être fait, et puis cela encore.
Mais soudain, la voie était libre. En route, en route – vers la Côte Bleue, à Marseille !
Nous avons jeté les valises dans la voiture, laissé la capote ouverte et l'esprit libre. En passant par Metz et Nancy, nous sommes descendus, toujours plus loin vers le sud, jusqu'à ce qu'à un moment donné, les panneaux n'indiquent plus Nancy et Metz, mais Marseille, Aix-en-Provence, Avignon. À chaque kilomètre, l'air devenait plus chaud, la lumière plus dorée, et quelque part entre les vignobles, quelque chose a commencé à se dénouer en nous, que nous traînions avec nous depuis des mois à la maison.
C'est ainsi que nous sommes arrivés en Provence, dans la région du Luberon, là où la Durance coule paresseusement à travers la vallée et où les cyprès se dressent comme de silencieux gardiens au bord de la route.
Et puis, dans les gorges, ce premier souffle : le parfum magnifique des herbes sauvages – thym, romarin, lavande –, qui nous a frappés comme si la nature elle-même nous avait souhaité la bienvenue. Rien que cette odeur compensait les dix heures de trajet en voiture depuis Mayence jusqu'au Vaucluse. On oublie le bruit des moteurs, on oublie les kilomètres d'autoroute – on se souvient seulement de ce moment où l'on est descendu, où l'on a inspiré profondément et où l'on a su : C'est ici.
Au début, ce n'était guère plus qu'un petit oliveraie. Nous avons acheté ce bout de terrain, y avons installé une caravane et avons vécu – sans même nous en douter – notre première leçons en matière de savoir-vivre : ralentir, ne plus planifier la soirée, mais la laisser arriver. À la table pliante entre les vieux oliviers, un verre de rosé bien frais, avec cela une assiette de tapenade, un peu de crottin de chèvre, des légumes poêlés dans de l'huile d'olive de Provence authentique – et au loin, provenant d'une fête de village ou simplement d'une fenêtre ouverte, les notes d'un accordéon ou d'une vieille chanson qui se mêlaient au chant des cigales. Une musique que personne n'avait composée pour nous, qui était simplement là, faisant partie du lieu, tout comme le vent et le parfum de la lavande.
Et en même temps, nous avons appris comment on acquiert un bien foncier en France : le chemin chez le notaire, l'acte authentique, les sceaux et tampons sur du papier épais – une démarche qui nous était étrangère et qui pourtant, pas à pas, nous a familiarisés avec ce coin de terre.
Et puis, un jour, alors que nous habitions encore dans la caravane entre les oliviers, nous l'avons vu : une petite maison de campagne ancienne, non loin de nous, avec des volets bleus, de la pierre patinée et un panneau devant – à vendre. Nous n'avons pas eu besoin d'en discuter longtemps. Certaines décisions sont prises par le cœur plus vite que par la tête.
C'est ainsi que nous sommes devenus propriétaires de notre petite maison en Provence, entourée d'un grand terrain plein d'oliviers – des arbres qui étaient déjà là bien avant notre arrivée et qui, à présent, chaque automne, donnent notre propre huile.
Aujourd'hui, lorsque nous sommes assis le soir sur la terrasse, que le soleil se couche derrière les collines du Luberon et que le parfum des herbes et de la pierre chaude flotte dans l'air, nous le savons : nous ne sommes pas simplement partis du quotidien. Nous avons trouvé un endroit qui nous permet à tous les deux de respirer plus lentement. Un morceau de France qui nous appartient – et auquel, comme nous l'avons bien remarqué depuis longtemps, appartient un petit morceau de nous.
Notre petite maison en Provence.




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