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… une idée centrale de la psychanalyse classique : la naissance du Moi à partir du narcissisme infantile primaire

  • Autorenbild: Martin Döhring
    Martin Döhring
  • vor 1 Tag
  • 3 Min. Lesezeit

... « Les droits sur l’image appartiennent à Martin Döhring. » ...
... « Les droits sur l’image appartiennent à Martin Döhring. » ...

Il s'agit de l'une des idées fondamentales de la psychanalyse freudienne : l'identité naît de l'état primitif du sujet, que Freud appelle le « narcissisme primaire ». Examinons cette conception avec précision, dans une perspective de psychologie des profondeurs, sans la pathologiser, comme on le ferait dans un cours universitaire de théorie psychanalytique.

1. Le narcissisme primaire : le premier état du Soi

Freud décrit le début de la vie comme une période durant laquelle l'enfant :

  • se vit comme le centre du monde ;

  • ne distingue pas encore clairement le dedans du dehors ;

  • investit toute son énergie psychique (la libido) dans son propre Soi ;

  • se ressent comme tout-puissant, parfait et complet.

Il ne s'agit pas du « narcissisme » au sens courant du terme, mais d'un état originaire d'unité et d'autosuffisance.

L'enfant n'est pas vaniteux : il est simplement. Il existe dans un état de totalité de soi, avant même que le Moi ne soit constitué au sens psychologique.

2. Le rôle des figures d'attachement : le miroir et la reconnaissance

Pour que cet état primitif puisse évoluer vers un Soi stable, l'enfant a besoin :

  • d'un effet de miroir (« Tu es là, je te vois. ») ;

  • d'une régulation affective (« Je peux contenir et accueillir tes émotions. ») ;

  • d'un lien d'attachement (« Tu es en sécurité. ») ;

  • de reconnaissance (« Tu as de la valeur. »).

Ces expériences façonnent progressivement ce qui deviendra l'identité.

Lorsque cette fonction de miroir s'exerce de manière suffisamment bonne, un Soi se développe qui :

  • se perçoit comme digne d'être aimé ;

  • se sent capable d'agir sur le monde ;

  • se vit comme distinct des autres tout en restant profondément relié à eux.

C'est la naissance du Moi.

3. La transition : du narcissisme primaire à l'amour d'objet

Avec le temps, l'enfant ne dirige plus exclusivement son énergie psychique vers lui-même, mais aussi vers :

  • sa mère ;

  • son père ;

  • les autres personnes ;

  • le monde extérieur.

Freud appelle cette orientation de la libido la libido d'objet.

Cette transition est décisive.

L'identité naît lorsque l'enfant commence à se reconnaître lui-même tout en découvrant que le monde existe indépendamment de lui.

C'est le moment où il peut dire :

« Je suis moi, et tu es toi. »

4. Pourquoi Freud parle de narcissisme — et pourquoi il ne s'agit pas d'une pathologie

Chez Freud, le terme narcissisme n'a aucune connotation morale. Il désigne un stade normal du développement psychique.

Le narcissisme primaire est :

  • nécessaire ;

  • sain ;

  • le fondement de tout amour de soi ultérieur ;

  • la base de l'estime de soi et de l'autonomie.

Sans lui, il n'y aurait :

  • ni Moi stable ;

  • ni capacité d'attachement ;

  • ni affirmation de soi ;

  • ni capacité de se protéger.

Le narcissisme pathologique n'apparaît que plus tard, lorsque ce processus précoce a été gravement perturbé.

5. L'identité comme résultat de ce processus originaire

Selon Freud, l'identité est :

  • une représentation intérieure de soi-même ;

  • issue des premières expériences de miroir avec les figures d'attachement ;

  • consolidée par le lien affectif ;

  • différenciée par la capacité de se séparer psychiquement d'autrui ;

  • protégée par une estime de soi suffisamment solide.

Autrement dit :

l'identité est la forme adulte du sentiment de soi de la petite enfance : transformée, mûrie et différenciée.

Le narcissisme primaire n'est donc pas une pathologie ; il constitue au contraire l'origine même de la construction du Moi.

6. Pourquoi cette idée demeure essentielle aujourd'hui

La psychanalyse contemporaine — notamment chez Heinz Kohut, Otto Kernberg et Donald Winnicott — reprend largement cette intuition fondamentale.

Tous soulignent que :

  • sans amour de soi dans la petite enfance, aucun véritable Soi ne peut se constituer ;

  • sans expérience de miroir, il n'existe pas d'estime de soi durable ;

  • sans attachement sécurisant, aucune identité stable ne peut émerger.

En formulant la théorie du narcissisme primaire, Freud a ainsi posé les fondements de toutes les théories modernes du Soi et de la psychologie du self.

1 Kommentar


Martin Döhring
Martin Döhring
vor 9 Stunden

Freud voyait le narcissisme comme un stade de développement central de la psyché humaine – non pas comme une simple vanité, mais comme la forme fondamentale de l'amour de soi, qui se forme à partir de l'expérience de la petite enfance.

 1. Le narcissisme primaire – la phase de la petite enfance Selon Freud, chaque enfant connaît d'abord un état de « narcissisme primaire ». Cela signifie : L'enfant est entièrement centré sur lui-même.

Il se vit comme le centre du monde.

Il ne ressent pas de distinction claire entre lui-même et le monde extérieur.

Dans cette phase, la libido (l'énergie psychique) afflue entièrement dans son propre moi. L'enfant s'aime lui-même parce qu'il ne perçoit pas encore d'autres objets (personnes,…

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