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Ludwig van Beethoven et Richard Wagner dirigent ensemble la 9e Symphonie « Tous les hommes deviennent frères ! »

  • Autorenbild: Martin Döhring
    Martin Döhring
  • 26. Juli
  • 4 Min. Lesezeit
... « Les droits sur l’image appartiennent à Martin Döhring. » ...
... « Les droits sur l’image appartiennent à Martin Döhring. » ...

Ludwig van Beethoven et Richard Wagner dirigent ensemble la 9e Symphonie « Tous les hommes deviennent frères ! »


Le chœur final de la 9e Symphonie met en musique le poème de Friedrich Schiller « À la Joie », qui commence par les célèbres paroles :

« Joie, belle étincelle des dieux, fille de l’Élysée… »


Beethoven a cependant légèrement modifié et raccourci le texte. Sa mise en musique est aujourd’hui mondialement célèbre et sert même de base à l’hymne européen – toutefois sans le chant.


### Pourquoi la 9e Symphonie de Beethoven est-elle unique ?


La 9e Symphonie (1824) est considérée comme l’un des plus grands tournants de l’histoire de la musique.


**1. La première grande symphonie avec chœur**

Jusqu’à Beethoven, les symphonies étaient des œuvres purement instrumentales.

Beethoven a osé quelque chose de totalement nouveau : dans le dernier mouvement apparaissent soudain

- quatre solistes,

- un grand chœur et

- un immense orchestre

qui jouent ensemble.

Il a ainsi fusionné symphonie, cantate et opéra en une forme d’art entièrement nouvelle.

À l’époque, c’était révolutionnaire.


**2. Le message**

La musique ne raconte pas seulement des sentiments.

Elle transmet une idée philosophique :

Tous les hommes appartiennent les uns aux autres.

Le poème de Schiller parle de

- liberté,

- fraternité,

- humanité,

- espoir.


Ce message était exceptionnellement audacieux après les guerres napoléoniennes.

C’est pourquoi la symphonie a ensuite été récupérée aussi bien par les démocraties que – malheureusement – par les dictatures à leurs propres fins. Le véritable message de l’œuvre reste cependant universellement humaniste.


**3. Beethoven était complètement sourd**

C’est peut-être l’aspect le plus étonnant.

Lorsque Beethoven a composé la 9e,

- il n’entendait plus un seul son.


Il composait uniquement à partir de sa représentation sonore intérieure.

Lors de la première, il dirigeait aussi.

Après le dernier accord, il ne remarqua pas les applaudissements tonitruants.

Ce n’est qu’une chanteuse qui le tourna vers le public pour qu’il puisse voir la ovation.

Cette scène fait partie des moments les plus émouvants de l’histoire de la musique.


**4. La structure**

Les quatre mouvements forment une évolution dramatique.

- 1er mouvement : combat, destin, obscurité

- 2e mouvement : énergie et rythme puissant

- 3e mouvement : calme et beauté presque céleste

- 4e mouvement : rédemption par la joie


Le dernier mouvement commence d’abord de façon chaotique.

Puis le violoncelle semble dire :

« Non, ce n’est pas encore cela. »

Plusieurs thèmes des mouvements précédents apparaissent et sont de nouveau rejetés.

Enfin retentit pour la première fois la célèbre mélodie de la Joie – d’abord toute simple dans les cordes graves.

C’est précisément cette simplicité qui fait sa force.


**5. L’architecture**

Toute la symphonie est construite comme un roman philosophique.

De nombreux musicologues y voient

- un chemin du chaos vers l’ordre,

- de la solitude vers la communauté,

- de la souffrance vers l’espoir.


Beethoven ne voulait pas créer un simple divertissement.

Il voulait exprimer en musique une vision de l’être humain.


### Pourquoi Richard Wagner passionne-t-il encore tant de gens aujourd’hui ?


Richard Wagner était à bien des égards l’opposé de Beethoven.

Beethoven pensait avant tout de manière symphonique.

Wagner pensait de manière dramatique.

Il ne voulait pas seulement écrire de la musique.

Il voulait créer une forme d’art entièrement nouvelle.


**L’œuvre d’art totale**

Wagner a forgé le concept de

**Gesamtkunstwerk** (œuvre d’art totale).

Il a uni

- musique,

- poésie,

- théâtre,

- architecture,

- décor de scène,

- mythologie,

- philosophie.


Chez lui, tout devait former une unité.


**Plus d’opéra à numéros**

Avant Wagner, l’opéra se composait généralement de

- airs,

- duos,

- chœurs,

- récitatifs.


On pouvait applaudir après un air.

Wagner a presque entièrement aboli cette division.

La musique s’écoule sans interruption.

On parle de la « mélodie infinie ».

Sa musique donne ainsi souvent l’impression d’un flux sans début ni fin.


**Le leitmotiv**

L’une de ses plus grandes inventions est le leitmotiv.

Un personnage,

une épée,

une malédiction,

l’amour,

la mort,

la rédemption –

tout reçoit son propre motif musical.

Dès que ce motif apparaît,

l’auditeur sait inconsciemment :

il s’agit à nouveau de cette idée.

Des compositeurs de film comme John Williams (*Star Wars*), Howard Shore (*Le Seigneur des Anneaux*) ou Hans Zimmer reprennent encore aujourd’hui ce principe.


**Harmonie grandiose**

Wagner a poussé l’harmonie jusqu’à ses limites.

Le fameux accord de *Tristan* en est l’exemple.

Il ne se résout pas d’abord comme le public de l’époque s’y attendait.

Cela crée une tension énorme.

De nombreux historiens de la musique y voient le début de la musique moderne du XXe siècle.


**Le Festspielhaus de Bayreuth**

Wagner a même fait construire son propre théâtre.

Particularités :

- la fosse d’orchestre est partiellement dissimulée,

- le public est assis dans une salle plongée dans l’obscurité,

- le regard se porte entièrement sur la scène.


Aujourd’hui cela paraît évident – à l’époque, c’était une conception théâtrale révolutionnaire.


**Mythologie**

Wagner ne raconte pas d’histoires quotidiennes.

Il puise dans

- les sagas germaniques,

- la mythologie nordique,

- les légendes médiévales,

- les mythes du Graal.


Ses opéras paraissent ainsi intemporels.


**Arrière-plan philosophique**

Wagner a notamment été influencé par les penseurs suivants :

- Arthur Schopenhauer

- Ludwig Feuerbach


Dans ses œuvres, il s’agit de

- pouvoir,

- amour,

- culpabilité,

- rédemption,

- sacrifice,

- liberté,

- renoncement.


Ses opéras sont donc aussi des drames philosophiques.


### Pourquoi naissent-ils des fans de Wagner si passionnés ?


Wagner exige beaucoup de son public. Une œuvre comme *L’Anneau du Nibelung* dure environ 15 heures. Celui qui s’y plonge vit souvent :

- une intensité émotionnelle exceptionnelle,

- des motifs musicaux qui se développent sur de nombreuses heures,

- une union de musique, mythe et philosophie,

- le sentiment de plonger dans un monde artistique clos.


Pour de nombreux auditeurs, cela ne ressemble pas à un concert, mais à une expérience esthétique totale.

1 Kommentar


Martin Döhring
Martin Döhring
27. Juli

Wagner et l'antisémitisme

Richard Wagner était sans ambiguïté antisémite. Son essai Das Judenthum in der Musik (« Le Judaïsme dans la musique »), publié en 1850 puis considérablement développé en 1869, constitue un document majeur de l'antisémitisme culturel moderne. Wagner y soutient que les Juifs seraient incapables de créer une véritable œuvre artistique, qu'ils vivraient de manière parasitaire et exerceraient une influence dissolvante sur la culture.

Il ne s'agit pas simplement d'un préjugé propre à son époque ni d'une antipathie privée, mais d'une théorie systématiquement élaborée et activement diffusée par Wagner lui-même. L'appropriation ultérieure de son œuvre par les nationaux-socialistes ne relève donc pas d'une pure déformation : elle s'est appuyée sur des éléments déjà présents dans sa pensée.

Luther

Le…

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